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Habitat participatif

Accéder au logement par une autre voie que l’habitat social ou le parc privé, voilà l’ambition de l’habitat participatif. Souvent qualifiée de « troisième voie », cette alternative permet à des particuliers de se regrouper pour réaliser ensemble une opération immobilière. Le projet est composé d’espaces privatifs et d’espaces partagés : tous les habitants participent à son élaboration. La particularité de cette forme d’habitat est que tous les cohabitants participent à la copropriété.
Bien avant sa reconnaissance législative récente, l’habitat participatif a fait l’objet de recherches mobilisant des disciplines variées telles que l’aménagement et l’urbanisme, l’architecture, la sociologie, l’anthropologie, le droit ou encore la gérontologie, donnant ainsi lieu à des angles d’approche diversifiés.
Un premier ensemble de travaux porte sur la genèse de l’habitat participatif, sur les dynamiques de création et de fonctionnement des groupes d’habitants, sur les valeurs qui les fondent ainsi que sur des réseaux qu’ils ont pu constituer (Camille Devaux).
D’autres travaux ont cherché à décrypter les dynamiques de ces projets considérés comme « alternatifs » à la fabrique urbaine traditionnelle et à la gestion classique des copropriétés jugée parfois oublieuse du bien commun et du vivre ensemble. Les chercheurs ont mis en lumière le montage singulier des projets, l’architecture participative, les systèmes d’acteurs et les processus de négociation quand le groupe d’habitants est réellement partie prenante du processus décisionnel. Prenant acte de l’engagement des acteurs institutionnels de la production urbaine et du logement dans l’habitat participatif, ces travaux ont aussi cherché à interroger l’intégration de l’habitat participatif aux nouvelles politiques publiques.
Entre habitat rêvé, habitat produit et habitat vécu, l’expérience révèle le chemin d’un apprentissage de la solidarité, de la coopération et du vivre ensemble dont les enseignements dépassent la sphère volontariste de l’habitat groupé et nous invitent à questionner la ville dans ses modes de faire traditionnels. L’habitat participatif, en plaçant véritablement l’habitant comme acteur au centre de l’écosystème habitat se révèle, ainsi porteur, de questionnements stimulants sur nos modes d’habiter et, au-delà, de perspectives inédites pour le renouvellement de nos villes.